Les choses ont changé tellement vite qu'on peut presque comprendre pourquoi certains restent pris dans l'ancien système. Avant, on contrôlait un ou plusieurs médias et on "criait" vers une audience captive. Désormais, avec l'internet mobile et les réseaux sociaux, la communication est devenue symétrique: les organisations / gouvernements / entreprises / marques ont la même voix au chapitre que les individus. En Algérie, on est encore souvent pris dans le système "old school". La société avance plus vite que le système et que ses gouvernants. Ceux-ci réfléchissent encore sous forme de "contrôle", alors qu'ils devraient penser "influence". Chaque Ministère, chaque institution devrait avoir une ou un chargé(e) de communication réellement compétent(e) et doté(e) d'une marge de manoeuvre suffisante pour "engager" sa communauté. Bien sûr, cela veut dire accepter des critiques et faire front lorsque la colère se déchaîne. Cela force, comme tout système où l'on doit rendre des comptes, à s'améliorer et à expliquer les choses. Mais pour cela, il faut que le sommet relâche son obsession du contrôle. Et comprenne que le contrôle à l'ancienne n'existe plus. Que le contrôle est devenu l'influence, beaucoup plus fluide, plus complexe à gérer. L'influence suppose la crédibilité. L'enjeu des organisations dans notre région est celui d'être suffisamment crédibles pour engager un débat symétrique avec ses audiences et réussir à convaincre.